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Sectes : la liste noire existe bel et bien en France
Michelle Alliot-Marie s'était fermement opposée à la liste noire préconisée par la Miviludes. Depuis la fameuse liste noire de 1996 fabriquée par 7 députées d'une commission parlementaire de lutte contre les "sectes", plus personne ne voulait entendre parler de liste de sectes.
Le premier ministre en 2005 avait écrit une circulaire pour que la liste de 1996 clairement anticonstitutionnelle soit reléguée au plan d'une curiosité historique. Et pour cause, ces procédés remontant à l'époque du 3ème reich, les listes noires faisaient très mauvais effet auprès des instances internationales de protection des droits de l'homme. Au point que François Fillon avait du s'opposer publiquement à la publication d'une nouvelle liste en 2009, malgré les pressions du Président de la Miviludes Georges Fenech. Alors la Miviludes aurait du s'en abstenir. D'autant que le gouvernement Français avait adopté une position publique internationale pour se dédouanner d'une telle velléité de publication d'une liste noire des sectes. Devant l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coordination en Europe) en septembre 2009, l'ambassadeur de France François Alabrune avait eu beau jeu de se défendre de l'existence d'une telle liste. Pressé par les remontrances des instances de préservation des droits de l'homme en Europe, il avait du jurer que la France n'avait pas de liste et ne comptait pas en utiliser. Sans vraiment convaincre qui que ce soit. Lorsque des membres du congrès américain avaient écrit en mai 2009 à l'ambassadeur de France aux USA pour rappeler au gouvernement français les conventions internationales sur la liberté de croyance que la France avait ratifiées, Pierre Vimont, l'ambassadeur bien embêté, leur avait répondu en jurant ses grands dieux qu'il n'y aurait pas de liste noire des nouveaux mouvements religieux en France. Mais Georges Fenech ne s'embarasse pas des conventions internationales ou des droits de l'homme. Il persiste et publie tout de même sa liste noire, un référentiel comprenant 600 mouvements qui sont qualifiés de sectaires, à l'attention des maires, des collectivités locales et des juges. Malgré sa promesse que le droit au contradictoire serait respecté et que les mouvements concernés auraient accès aux fichiers pour corriger les erreurs qui s'y seraient glissées, les mouvements en question se sont vu refuser l'accès à la liste sous quelques prétextes fallacieux, comme le fait que la liste n'était pas prête, etc. Aujourd'hui, dans le courrier des maires, l'annonce est faite. "Le président de la Miviludes invite les élus locaux à s'adresser à la Mission pour obtenir des informations et conseils. Celle-ci tient notamment à leur disposition un référentiel des mouvements sectaires." On n'a plus l'hypocrisie de prétendre qu'on ne cherche à lutter que contre les "dérives sectaires". Ici, la lutte est clairement affichée. On lutte contre les sectes. Et qui décide qui est une secte : la Miviludes. Propos de Georges Fenech lors du colloque de la Miviludes à Lyon : Le journaliste : Vous dites qu'on n'a pas besoin de définir ce qu'est une secte. Comment en repère-t-on une ? Georges Fenech : Quand il y a suspicion... le réflexe de l'élu doit être d'alerter la Miviludes... Nous pouvons répondre sur les caractéristiques de tel ou tel mouvement. Donc aujourd'hui, malgré toutes les promesses, toutes les déclarations du type "non non, nous on respecte les droits de l'homme", la liste noire existe à nouveau. Une dernière chose à régler tout de même. Comment attaquer ces mouvements directement à partir de la liste noire, sans passer par la "dérive". La question hante Jean Olivier Viout, procureur général près la cour d'appel de Lyon : "Le pénal malheureusement ne peut intervenir qu'en présence d'une situation avérée, c'est bien cela la difficulté (en matière de lutte contre les sectes)." Mardi 22 Décembre 2009
Coudjouac
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