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Magistrats, pensée unique et sagesseCommuniqué de Presse du CiCNS sur la justice et son rapport à l'humain.
La "simple" réprimande infligée au juge Burgaud, le juge d'instruction mis en cause dans la désastreuse affaire d'Outreau, met les projecteurs sur deux facettes de l'action d'un magistrat : son action purement juridictionnelle et ses méthodes de travail d'une part et les rapports humains qu'il entretient avec les prévenus d'autre part. Ces deux aspects sont d'ailleurs évoqués de façon assez confuse dans l'abondante couverture médiatique de cette affaire sensible. L'opinion publique, les victimes faussement accusées d'Outreau et l'appareil judiciaire ne sont d'ailleurs pas étrangers, par leur posture respective, à la création de tensions.
Nous laissons aux spécialistes du Droit le soin d'évaluer l'action juridictionnelle du juge Burgaud ainsi que ses méthodes de travail ; il ne fait, par contre, guère de doute que son rapport, sur le plan humain, à ces victimes d'accusations infondées, a été plus que critiquable. Pour toutes les personnes amenées à suivre un parcours judiciaire, c'est pourtant un des points essentiels qui façonne leur opinion sur la Justice. Le magistrat a-t-il été impartial, a-t-il été à l'écoute, a-t-il été courtois ou au contraire a-t-il fait preuve d'arrogance, de suffisance, a-t-il utilisé de façon abusive sa position d'autorité, etc.? À ce titre, le reportage de Raymand Depardon présentant des instants d'audience à la 10ème Chambre est éloquent (Dailymotion ). Dans l'extrait proposé, une juge et une procureure ont une attitude fort désagréable et injustifiée face à un sociologue qui a choisi (en connaissance de cause probablement) de se défendre tout seul. Leur but serait-il d'écraser, de susciter un sentiment d'infériorité, qu'elles n'agiraient pas autrement. Le contexte politique, médiatique et plus généralement sociétal a un impact non négligeable sur la qualité du rapport humain qui s'établit entre le magistrat et le prévenu. Dans le contexte de l'action du CICNS, nous nous interrogeons en particulier au sujet de l'influence du climat de psychose antisectes sur l'action judiciaire aujourd'hui. Quel est l'impact sur le déroulement de l'instruction et sur les décisions de justice, de l'activisme d'un Georges Fenech, président de la MIVILUDES, cherchant à construire coûte que coûte une jurisprudence sur la loi discriminatoire About-Picard ? Comment de jeunes magistrats frais émoulus de l'École nationale de la magistrature, sensibilisés à la question des dérives sectaires par l'intermédiaire de la MIVILUDES, organisme refusant tout contradictoire, vont-ils équilibrer la vision partielle et partiale qui leur est donnée ? Quelle formation reçoivent-ils pour préserver un contact « humain », « ouvert » ou « respectueux » malgré les influences et les lieux communs ? Notre objectif n'est pas de tirer à boulets rouges sur l'appareil judiciaire, d'autant moins sur la question des sectes, puisque la justice, fort heureusement, n'a, dans ce domaine, pas encore capitulé face à la pensée unique. De nombreux magistrats ont assurément la « sagesse » et le professionnalisme leur permettant de s'extraire des pressions diverses et d'humaniser le déroulement des procédures. La statistique est donc favorable. Mais, pour les prévenus qui sont du mauvais côté de la statistique, et nous en connaissons quelques-uns, il est souvent question de vies brisées. Ces mini Outreau passés sous silence parce qu'il s'agit de "sectes", devraient être évités et mériteraient la même attention de la part des médias et des autorités. Le CICNS invite donc les magistrats à prendre connaissance de notre travail lorsqu'ils ont à traiter une affaire dite de "secte", afin de compléter leurs sources sur cette question. Source Lundi 4 Mai 2009
Sapientia
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Sapientia cité dans l'Est Républicain