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Les médias, la scientologie et la conclusion du CICNSEn début de semaine dernière, les médias s'étaient donné le mot pour fondre comme une seule bête sur l'Eglise de Scientologie. Le véritable but de ce feu de paille de la mouvance anti-secte en France échappe parfois aux observateurs non-avertis. Le CICNS donne sa conclusion dans un article fort à propos dont nous reprenons des extraits.
Cela faisait quelques mois que la polémique sur les sectes avait quitté le paysage journalistique français. Or, il est bien entendu nécessaire pour les acteurs de la mouvance antisecte de justifier de leur salaire. Pas de polémique... pas de raison d'être.
Le CICNS a publié ici un article dont je reprends les conclusions : "il ne s'agit pas dans cet article de défendre la Scientologie en tant que mouvement particulier, mais d'inviter, à partir de cet exemple emblématique, au rétablissement de conditions d'étude dépassionnées des minorités spirituelles. Au vu des condamnations actuelles et des informations disponibles et relatives aux principales accusations portées contre la Scientologie , peut-on raisonnablement conclure que la Scientologie en France est un groupe dangereux dont la dissolution doit être envisagée ? Il nous semble que non ; il serait nécessaire de disposer d'une enquête sociologique indépendante sur ce mouvement aboutissant au résultat inverse pour modifier cette appréciation. La justice suivra son cours sur cette récente accusation « d'escroquerie en bande organisée ». Si une décision de justice devait aboutir à la dissolution des associations citées dans l'article du Monde, sur la base de la loi About-Picard, nous émettrions de légitimes interrogations sur la gravité cumulée des différentes décisions de justice à l'encontre de ces associations et sur les sources d'informations « sérieuses » sociologiques, anthropologiques et autres, qui auraient permis d'aboutir à la dangerosité définitive de ces structures pour tous leurs adeptes et pour la société. Une telle décision ne serait d'ailleurs pas sans risque ; puisqu'il a été constaté que ces associations étaient familières des procédures judiciaires, il est probable qu'elles iront jusqu'en Cour Européenne. Ce serait prendre un nouveau risque d'annulation cinglante de la décision de justice française (l'autre affaire emblématique étant le contentieux fiscal entre les Témoins de Jéhovah et l'Etat français qui pourrait, à moins d'un accord à l'amiable, aboutir à une autre condamnation de la France ). Lorsqu'une société diabolise des groupes ou des personnes, elle quitte le champ démocratique puisque le dialogue est remplacé par la haine. Le Droit doit pouvoir s'appliquer sans lynchage préalable, abusivement justifié au nom de la laïcité, de la défense des droits de l'homme ou autres grands principes désormais si souvent galvaudés. La lutte antisecte française est une mauvaise réponse à une question mal posée. Il est d'autant plus urgent de recréer un cadre serein de réflexion que la chasse aux sectes et aux dérives sectaires envahit tout le tissu social (voir nos précédents communiqués). Nous préconisons la création d'un observatoire indépendant des minorités spirituelles. Cet observatoire piloté par des universitaires et des professionnels reconnus aurait pour mission de constituer une base de connaissance juridique et sociologique sur les minorités spirituelles. Sortir de la politique de peur actuelle et proposer une information fiable, résultat d'enquêtes croisées et pluralistes, est le meilleur moyen de comprendre et faire comprendre la place des minorités spirituelles dans la société française et de prévenir d'éventuelles dérives." Ce à quoi je rajouterais certains éléments. D'abord, une dépêche de l'AFP nous apprend que des États-unis, l'Église de Scientologie a officiellement commencé à prendre position de cette manière : "Malheureusement, la France ne respecte pas (les) critères de liberté religieuse. Au contraire, les autorités françaises ont poursuivi leur campagne contre la liberté religieuse pour tous, la fuite irrégulière d'informations judiciaires vers la presse aujourd'hui (lundi) en étant le dernier exemple" "Cela constitue une violation du droit à la présomption d'innocence et des règles strictes présidant au secret de l'instruction. En raison de l'absence totale de substance dans cette +enquête+ de 10 ans, le gouvernement en est réduit à faire connaître ses accusations via la presse, plutôt que devant un tribunal." Effectivement, mauvais point, la presse était prévenue la première... Ça sent le montage. Ensuite, le parquet lui même avait requis le 4 septembre 2006 un non-lieu pour l'ensemble des mis en cause, estimant qu'il ne résultait pas de l'information judiciaire des charges suffisantes. Mais étrangement le juge d'instruction pense soudainement le contraire... alors que le 12 octobre 2007, ce même juge avait rendu une ordonnance de non-lieu pour une affaire qui mettait en cause la scientologie, ayant estimé que l'instruction n'avait pas permis de mettre en évidence que les mises en examen aient «frauduleusement opéré des manœuvres ou extorqué des fonds ». Ceci, dans la mesure où elles-mêmes se trouvaient « avoir été convaincues de l'efficacité des prestations proposées et animées d'une foi authentique dans leurs démarches ». (Il était le quatrième juge d'instruction sur cette affaire ayant abouti aux mêmes conclusions, l'absence d'affaire réelle.) Qu'est-ce qui fait changer d'avis les juges d'instructions ? Le retour de Georges Fenech au sein du Ministère de la justice ? Il est certain que le champion de la lutte contre les minorités spirituelles a plutôt intérêt à justifier son zèle, alors qu'il est mis en examen pour l'argent reçu de Falcone dans l'affaire de vente d'armes de l'Angolagate, et qu'il a toujours derrière lui ses casseroles antisémites (reconnu coupable d'injures antisémites, ce qui entraîna la dissolution du syndicat de magistrats qu'il présidait). Fin de chapitre, c'est pas vraiment plus intéressant que ça. La presse fait son office, elle est payée pour ça. Jeudi 18 Septembre 2008
Pierre du Barreau
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Sapientia cité dans l'Est Républicain