Sapientia le Portail de la Liberté de Conscience


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*Sapientia signifie "intelligence" ou "sagesse" en latin

En 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme a été signée par l'ensemble des pays de l'ONU.

L'article 18 de ladite déclaration stipule :


Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

Ce portail est une pierre apportée à l'édifice de ceux qui veulent voir cet article 18 ne pas rester lettre morte dans notre monde, à une époque où le discrédit a été jeté sur nombre de minorités spirituelles par des groupes d'intérêt privés rivés à leurs privilèges.


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Isaac Hayes, le legs du roi


Isaac Hayes est décédé le 10 Août. "Père" de la Soul Music, il a enchanté des générations de musiciens qui ont vu en lui "l'empereur" du groove. Par delà l'artiste, Isaac Hayes était aussi un emblème de la cause noire américaine, un philanthrope engagé et un ardent défenseur de la liberté de religion.


Issac Hayes, le legs du roi
Issac Hayes, le legs du roi

Isaac Hayes, c'est pour beaucoup la naissance du groove de Memphis qui donna vie à la musique soul et en fit le succès qu'elle est aujourd'hui.

C'était un homme qui a commencé sa vie en travaillant dans les champs de coton, à une époque ou la ségrégation raciale de fait était une chape de plomb sur le sud des États-unis.

Je ne vais pas m'étendre sur sa carrière musicale que les journaux ont parfaitement couverte depuis ce matin, si ce n'est pour dire qu'il était réellement un génie incontesté dans son domaine, et l'un de ceux qui sont capables de générer des rêves qui deviennent la réalité pour les générations à venir.

Par contre, je souhaiterais aussi lui rendre hommage pour sa philanthropie exemplaire, et son engagement pacifique en faveur de la liberté.

Les années 60 l'ont amené à endossé un rôle de leader dans la communauté noire américaine, aux cotés de Martin Luther King dans le Mouvement des Droits Civiques de ce dernier (le jour de l'assassinat de King, les deux hommes avaient rendez-vous. Isaac qui eut beaucoup de mal à s'en remettre avait déclaré "Je me suis demandé ce que je pouvais y faire. Eh bien, je ne pouvais rien y faire alors j'ai décidé d'avoir du succès et d'acquérir une certaine puissance de manière à ce que ma voix puisse faire une différence. Donc je suis retourné travailler et j'ai recommencé à écrire..."). Il tiendra ce rôle parfaitement et il continuera à le tenir dans les 70's, parfois avec son coté exubérant et clinquant, torse nu et chaines en or, rebelle sans armes autres que son merveilleux sens musical et sa voix grave dont BB King a dit qu'elle était incroyable, qu'elle semblait surgir du fond d'un puits, qu'elle avait « l'odeur de la terre ».

C'est lui aussi qui au début des années 90 fonda un centre humanitaire au Ghana (la Fondation Isaac Hayes), centre qu'il a continué de soutenir et de suivre jusqu'à ce jour, auquel il ajouta un centre éducatif en 2000, et qui lui survivra longtemps à n'en pas douter. Dès 1992 il fut remercié de son travail en étant nommé roi par la famille royale au Ghana (sous le nom de Nene Katey Ocansey I). Anecdotique pour un empereur de la soul, mais révélateur de son impact...

Cela ne l'a pas empêché de mouiller sa chemise dans les quartiers dangereux de Los Angeles. A la tête d'une croisade contre l'illettrisme, Isaac Hayes avait usé de son influence auprès des chefs de gangs de Los Angeles pour faire accepter des programmes d'alphabétisation auprès des jeunes des gangs. Il alla jusqu'au bout et ses programmes continuent encore aujourd'hui.

Isaac, c'était quelqu'un qui pensait qu'il fallait faire tout ce qui est en notre pouvoir pour améliorer les conditions de vie de notre monde, comme il le résumait dans une interview : "Nous sommes responsables de nos propres vies. Si quelque chose vous arrive, ne blâmez pas quelqu'un d'autre. Revenez en arrière et regardez ce que vous avez fait qui a contribué à cela. Vous contribuez aussi à votre réussite. Une fois que vous avez appris cela, vous êtes sur votre propre chemin."

Isaac Hayes, c'est aussi celui qui en 2001, après un voyage en Europe au cours duquel il avait donné des conférences de presse sur l'éducation, et marché pour la liberté de religion auprès de nombreux mouvements spirituels et religieux, avait été devant le Congrès américain pour lui demander d'intervenir en faveur de la liberté de conscience en France, en Belgique et en Allemagne. Scientologue, il avait été écœuré de voir le traitement infligé aux minorités religieuses dans ces trois pays. Une intervention qui porta ses fruits, comme tout ce que fit Isaac Hayes d'ailleurs. (A la fin de cet article se trouve un extrait de son intervention au Congrès, en anglais.)

John Burk, Vice président du Groupe Concorde Musique, vient de lui rendre hommage en ces mots :
"Ayant collaboré avec Isaac depuis quelques années, j'appris à connaître l'homme derrière la musique et son profond amour pour l'humanité. C'était un individu extraordinaire qui utilisait son talent pour inspirer et unir les gens quelques que soient leurs modes de vie. Je me sens extrêmement privilégié d'avoir eu l'opportunité de travailler aux cotés d'un géant comme Isaac."

Nos disons donc aujourd'hui au revoir à un grand artiste, mais aussi à un véritable ami de la liberté de conscience, un homme courageux et impliqué qui laissera peut-être un vide, mais aussi un legs qui aura rendu la terre meilleure, et continuera de le faire.

Au revoir l'Empereur.




Extrait de l'intervention de Isaac Hayes au Congrès Américain en 2001 au sujet de la liberté de conscience en France :

    "Now, last October, I flew to France to take part in a marching rally for religious freedom in Paris. We were a grateful and peaceful gathering, waving flags and singing songs for freedom. Yet unlike other gatherings the Paris Prefecture would not allow us to march through the streets of Paris. Instead, under pressure from the local government, the Prefecture sent out 300 riot police to order us to disperse.

    And I cannot help being reminded of 1989 when Chinese tanks advanced on the students in Tiananmen Square. Fear drove those tanks. In Paris, thankfully, no one was hurt but it took me back to the times when I was marching in Memphis with Dr. Martin Luther King, that last march before he was shot down. And it wasn't a good feeling. I know what suppression is I felt it.

    But the French officials showed that same fear and that same intolerance of basic human rights. The intolerant mind-set fostered by the French officials can be clearly seen in a recent incident. A French citizen who was a member of a minority religion visited a member of the French National Assembly to seek his help in opposing legislation designed to shut down minority faiths. The MP was not present, but the MP's assistant was wholly indifferent to the visitor's concerns. When she protested that as a French citizen, she had had a right to be heard, the MP's assistant replied, and I quote, ''You are not a citizen. You are a member of a sect.''
As an artist, I am particularly concerned about the deteriorization of human rights in France. It threatens the freedom of artistic expression and the ability of artists to survive economically.

    In 1999, a talented young singer who belongs to a minority religion was selected out of more than 700 candidates to represent France in the internationally renowned Eurovision song contest. When her religious affiliation became known, her producers cancelled 16 TV shows where she was scheduled to perform, and they also cancelled album contracts and tours.

    Government intolerance of minority faiths has even been introduced into French schools. A member of the church there where—let me get my thing right here. Okay, I'm sorry. A member of the Church of Scientology, of which I too am a member, unexpectedly discovered that her 13-year-old daughter's sports class had been cancelled and replaced by mandatory conference on cults.

    Her daughter was extremely upset by the hurtful bigotry and prejudice spread in this conference, which was conducted with the support of the Ministry of National Education, and the infamous Interministerial Mission to Fight against Sects, a body that has nurtured religious intolerance in France.

    As you have heard, France has now passed the most oppressive legislation in Western Europe targeting religious organizations. During the debate on the law in the National Assembly, one MP stood up and said that he regretted, and I quote, ''A great night of sects unfortunately cannot take place which would allow us to handle it all at once.''

Mercredi 13 Août 2008
Pierre du Barreau



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