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Interview de Sandrine BonnaireDans la Tribune de Genève, l'actrice parle de sa sœur internée 5 ans en psychiatrie et démolie à coups de camisole chimique, de son film "Elle s'appelle Sabine", et des possibilités d'alternative à la psychiatrie.
Qu’est-ce qui vous a poussé à réaliser ce documentaire sur votre sœur? L’idée n’était pas de parler de la maladie, mais de faire bouger les pouvoirs publics. Au travers du portrait de Sabine, je montre un dysfonctionnement social: comment a-t-elle pu passer cinq ans dans un hôpital sans qu’on nous propose de solution alternative et imposer une telle prise en charge qui s’est révélée nuisible pour elle?
Ce film était-il difficile à tourner? Non. Sabine a passé cinq années en psychiatrie. Ces choses-là sont plus douloureuses à vivre et nous permettent de relativiser les autres problèmes. Ce qui a été le plus dur, c’est le montage du film. Lorsqu’on voit des images de Sabine avant et après, lorsque l’on compare ces deux états… Avez-vous découvert une autre facette de votre sœur au cours du tournage? Malgré ses facultés altérées, Sabine a conservé cette petite lueur dans le regard. Ce film lui a d’ailleurs été bénéfique. Sabine a besoin de se sentir utile. Le fait d’avoir cette caméra en face d’elle la ramenait au passé. Et lui renvoyait un regard bienveillant. Avez-vous le sentiment qu’il est plus facile de sensibiliser l’opinion publique en parlant de sida ou de cancer… Tout à fait. Plus qu’une maladie génétique, l’autisme est une différence de comportement. On croit donc que ça n’arrive qu’aux autres! On ne peut pas rendre ces gens-là normaux, on ne peut que les respecter et faire en sorte qu’ils s’épanouissent au maximum. Et ça, ça effraie! Depuis la sortie de votre film, pensez-vous que les choses évoluent dans le bon sens en France? J’ai pu rencontrer M. Sarkozy et Xavier Bertrand (ndlr: secrétaire général de l’UMP) est venu visiter le lieu où vit Sabine aujourd’hui. Il y a une prise de conscience sur le côté qualitatif. Quant aux besoins réels, c’est une goutte d’eau dans un vase! Cela reste donc un combat quotidien… Oui. Mais plus que mon film, qui a déjà connu un franc succès, ma venue à Genève servira surtout à parler de l’association Stelior et de ses recherches. Avec les doses massives de médicaments que les autistes consomment, leur cerveau n’est plus oxygéné comme il le devrait. On s’est alors rendu compte qu’en éliminant certaines choses dans leur alimentation, on facilite le nettoyage du corps et on permet de réguler leur comportement. Votre sœur bénéficie-t-elle de ce «traitement»? Non. Pour pouvoir mettre en place ce programme en France et, donc, pour permettre à Sabine de manger de bonnes choses, il faut obtenir l’accord du Ministère de la santé. Lire la suite Dimanche 8 Novembre 2009
Sapientia
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