Un tribunal de Shanghai a condamné une pratiquante de Falun Gong à trois ans et demi de prison le 3 novembre, pour avoir téléchargé sur Internet des renseignements sur la pratique et les avoir imprimés et distribués ensuite à d'autres personnes de son entourage.
Liu, ex-bibliothécaire à l'Université Normale de Shanghai, a été condamnée par le Tribunal de District de Fengxian, au cours d'un procès qui a duré moins d'une journée, selon des rapports provenant de sources à l'intérieur de la Chine, mais aussi aux agences de presse chinoises d'outremer Dajiyuan et Radio Free Asia.
Ayant téléchargé des renseignements sur le Falun Gong sur Internet et les ayant utilisés pour imprimer des prospectus, Liu a été accusée d'"utiliser une organisation hérétique pour saper la mise en application de la loi", une vague disposition du code pénal communément utilisée pour emprisonner les adeptes de Falun Gong qui pratiquent leur foi ou diffusent des informations sur la persécution contre leur groupe.
Liu a été condamnée malgré le plaidoyer pour sa défense prononcé lors de l'audience par l'éminent avocat de Beijing (Pékin), Mo Shaoping. "Elle a vu sur Internet certains articles qu'elle pensait être intéressants, et donc elle les a téléchargés, et les a passés à d'autres pour qu'ils les lisent. Ce comportement ne nuit aucunement à la société." a déclaré Mo dans une interview à Dajiyuan (Epoch Times). "Ses actions sont conformes aux droits de liberté d'expression et de croyance consacrés dans la Constitution chinoise et dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme." "Donc, bien sûr, nous pensons que les actions de Liu Jina ne constituent pas un crime. Elle devrait être acquittée et libérée."
Mo fait partie d'un noyau d'avocats ayant pris en charge les cas des citoyens les plus vulnérables et les plus persécutés ces dernières années, dont, notamment, des pratiquants de Falun Gong. Mentionné par le Magazine Time comme l'un des héros de l'Asie contemporaine, Mo a également défendu le membre du personnel du New York Times Zhao Yan, l'avocat Gao Zhisheng, et l'activiste du Sichuan Huang Qi.
"Cette affaire est un exemple typique de la manière dont les tribunaux chinois restent encore un outil de persécution politique aux mains du Parti communiste", affirme le porte-parole de Falun Gong, Erping Zhang. "Nous félicitons Mo Shaoping pour sa courageuse défense de Liu et d'autres. Nous exhortons la communauté internationale à faire preuve d'autant de courage pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle de Liu. Elle est innocente et court un grave risque d'être victime d'actes de torture."
Liu est emprisonnée depuis novembre 2007. La police l'a arrêtée et a perquisitionné son domicile sans mandat, confisquant son équipement informatique ainsi que 20.000 yuan (2.500€). Elle est actuellement encore détenue au Poste de Police de Fengxian avant d'être transférée à une prison non encore déterminée.
Selon l'époux de Liu, M. Zhang Zhanjie, pendant sa détention elle a souffert d'abus physiques, y compris de graves bastonnades et de privation de sommeil. La famille de Liu rapporte également avoir elle-même été menacée par des agents de sécurité, juste après s'être rendue à Pékin pour demander l'aide juridique de Mo.
Liu avait déjà purgé une peine de quatre années à la Prison des femmes de Shanghaï pour avoir pratiqué le Falun Gong, une période pendant laquelle elle a souffert d'abus dont notamment l'isolement cellulaire, avoir été nourrie de force, et avoir été soumise à des cours de "ré-éducation", dans un effort pour l'amener à renoncer à ses croyances.
Son mari M. Zhang, a été simultanément condamné à quatre ans et demi de prison, qu'il a purgés à la Prison de Tilanqiao à Shanghaï.
Liu a été libérée en 2004 et Zhang au début 2005. Le couple a une fille adolescente.

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