|
|||
|
Liberté de conscience
Religions
Spiritualités diverses
Blogs
Tags
adfi
afssaps
ame
angolagate
antisectes
antisémitisme
autriche
baudoin labrique
brard
burqa
caplc
catherine picard
ccmm
cedh
chine
cicns
citation
commission parlementaire
condamnation
cri du contribuable
deprogramming
didier robert
dieu
diffamation
discrimination
discrimination religieuse
droits de l'homme
dérive sectaire
eglise de scientologie
espagne
europe
falun dafa
falun gong
fecris
fenech
fillon
france
france 2
gabon
georges fenech
grippe A
grippe a
h1n1
industrie pharmaceutique
inquisition
iran
islam
jacques myard
jean-pierre brard
jehovah
justice
jéhovah
laicite
laïcité
liberte de religion
liberté de conscience
liberté de religion
liberté religieuse
liberté thérapeutique
liste noire
marianne
minorités religieuses
miviludes
momagri
mormons
musulmans
myard
nicolas about
onu
osce
pekin
proces
procès
psychiatrie
quebec
rael
raeliens
religion
renseignements généraux
roulet
russia
russie
scientologie
scientologues
sectaire
secte
sectes
spiritualité
subventions
suisse
sénat
tavernier
tdj
temoin de jehovah
temoins de jehovah
temoins de jéhovah
tunisie
unadfi
vaccin
âme humaine
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Des sectes et des bandes
Une « peur sociale importante, largement couverte par les médias et volontiers mise en scène par les hommes politiques », voilà comment l’on pourrait rapidement décrire la peur des « sectes » qui s’est emparée de la France.
Ces mots ne concernent pourtant pas « les sectes », mais une autre phobie elle-aussi très française, « les bandes », aujourd’hui synonymes, comme « les sectes », de « danger social ». Une « incarnation du danger social » qui se nourrit de « l’idée que des bandes organisées, violentes par nature, toujours dangereuses, peuvent semer la terreur gratuitement. » Et « peu importe qu’une partie des faits-divers » qui soutiennent cette représentation relève « d’exagérations politiques ou médiatiques (...) ou de problèmes de société beaucoup plus larges (...), peu importe que ces épisodes s'inscrivent dans des contextes difficilement comparables (...) ou s’expliquent par des facteurs très différents (...). Ce qui reste, c’est "la bande" », concept suffisamment large, donc terriblement flou, pour s’appliquer à tous ces faits-divers de banlieue. Et justifier la décision de Nicolas Sarkozy de pénaliser de trois ans de prison l’appartenance, « en connaissance de cause », à ce type de groupes: « Le fait même d’être membre d’une bande doit être un délit », a résumé le chef de l’Etat. Cette peur des « bandes », décrite dans un article du Monde d’où sont tirées ces lignes (1), est une parfaite illustration de la peur des « sectes » qu’instrumentalise l’unadfi depuis trente ans. On a là en effet tous les rouages de la machinerie anti-sectes et de sa traduction au niveau institutionnel dans la miviludes de Georges Fenech ; une action menée à l’aide de concepts qui brillent par leur imprécision. Une imprécision d’ailleurs sciemment entretenue, histoire d’être sûr que cette action-là trouve toujours à se renouveler : « secte », « sectaire », « mouvance », « dérive », voilà les termes autour desquels s’articule la lutte que conduit la France dans le domaine du « sectarisme », des termes qui n’ont rien à envier, en terme de « largeur » et de « flou », au concept de « bande » que l’administration Sarkozy s’emploie à criminaliser. « Violentes par nature », « toujours dangereuses », c’est contre de tels ennemis que la France affirme devoir aujourd'hui lutter. Et ce n’est pas les acteurs français de la lutte contre « les sectes » qui refuseraient qu’on leur donne enfin les moyens de faire de « l’appartenance à ce type de groupe » un délit ! Un rêve que caresse tout bon anti-sectes, de Maman Delporte au Grand Georges, de Brard le Rouge en passant par la Soeur Picard. Et au diable les travaux des sociologues des religions et autres anthropologues, qui ont pour principal défaut de ne pas être faits pour alimenter cette phobie qu’on voudrait universelle ! Car tout comme dans le cas des « bandes », ce n’est pas de sang-froid et de raison qu’on attend, mais d’hystérie et de mouvements de foule ! « 222 bandes recensées en France» et «700 sectes actives sur le territoire » Il y aurait, selon le ministère de l’intérieur, « 222 bandes recensées » en France. Quant aux « sectes », 700 seraient « actives sur le territoire »; chiffre donné en 2005 par Jean-Pierre Jougla, alors que dix ans plus tôt une fameuse commission parlementaire n’en dénombrait « que » 172 ! Au-delà de l’imprécision des chiffres avancés, c’est leur ampleur qui inquiète. Normal, ils sont là pour ça ! Et leur imprécision ne fait d’ailleurs que renforcer cette inquiétude. Des « phénomènes » difficiles à cerner ne cesse-t-on de nous répéter - ce qui n’empêche pas qu’on soit sûr de leur existence -, c’est donc qu’on peut toujours les avoir sous-estimés ! Même si du côté de la justice, c’est-à-dire des infractions réellement constatées, on ne trouve aucune trace de ces ordres de grandeur ! Des « sectes », des « bandes », des « autonomes » 2, des « multi-récidivistes », les menaces qui planent sur la société française ne manquent pas. Et c’est bien pour y répondre que Nicolas Sarkozy a été élu. Soyons sûr dès lors qu’il saura régler ces problèmes en profondeur. Et puis comme c’est son administration qui, dans ses discours, les matérialise au quotidien à l’attention des Françaises et des Français, il n’aura certainement aucun mal à les faire disparaître. Il lui suffira de changer de discours. Mais pas trop vite tout de même, un second mandat se profile peut-être à l’horizon 2012. Il pourrait alors en avoir encore besoin, avec d’autres qui comme lui ont construit leur personnage là-dessus. 1 « Membre d’une bande, donc coupable a priori ? », Le Monde du 19 mars 2009. Que dire alors lorsqu’on est membre d’une « secte »? 2 « Les autonomes, de petits groupes sous surveillance particulière », Le Monde du 20 novembre 2008. Mercredi 8 Avril 2009
Pascal bonvin
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
Les News
|
|

Les ennemis de la liberté de conscience









Sapientia cité dans l'Est Républicain